Il me semble avoir déjà fait un article à ce sujet, ou était-ce sur l’autre blog? Le 5 décembre est une date sacrée en Thaïlande: l’anniversaire du Roi, Bhumibol Adulyadej, né en 1927 (oui il n’est plus très jeune).
La royauté est très respectée et adulée dans le royaume du Siam, et cette date est devenue, par la force des choses, la fête des pères.
Dans ma petite vie perso à moi, je connais un type qui est aussi né un 5 décembre, dans les années 70 … les rares fois où je lui ai offert un cadeau en … 12 ans que l’on se connaît, j’ai toujours fais en sorte d’offrir quelque chose qui sorte de l’ordinaire et qui soit spécial.
Cette année, je me suis surpassée et je pense que je ne pourrai pas faire mieux à l’avenir – ce cadeau tout particulier – il ne pourra jamais l’oublier et, il “gâche” un peu son envie de vouloir se planquer à cette date, n’aimant pas la célébrer et préférant plutôt qu’elle passe inaperçue. D’ailleurs par respect et appréciation toute particulière de ce mec, normalement, je n’en parlerais même pas, ni ici, ni ailleurs.
Mais, là, vu la situation, je suis “presque” obligée d’en parler (tu m’en excuseras hein!).
Mais de quoi je parle donc?
NOTRE FILLE, notre princesse, notre merveille des merveilles est née le 5 décembre à 1h32 et c’est un bonheur à tous petits pieds, toutes petites mains, toute petite chose adorable qu’on a juste envie de bouffer à l’aide de 1000 bisous.
OUi j’ai une nana! D’abord un petit mec et maintenant une NANA! Comme on le dit souvent “le choix du roi” et ce que depuis toute petite j’ai voulu, lorsque je rêvais de devenir maman (bon je ne rêvais pas de devenir maman de cette manière, mais l’on ne peut pas tout avoir).
Et, depuis 3 jours que je suis de retour à la maison, une grande émotion s’empare de mon coeur – je me sens épanouie, heureuse et femme accomplie. Des sentiments jamais ressentis depuis plus de 10 ans, et d’y penser me fiche les larmes aux yeux!
Ma nana a guéri un truc en moi!
Bon et puisque je connais par-ici des curieuses, voici comment ça s’est passé.

Et bien: BIEN! Cela a été relativement rapide et “facile”. (même si je l’avoue à un moment, entre 2 contractions, j’ai regardé le papa en devenir et lui ai dis “j’en ai marre, j’veux qu’elle vienne maintenant – ce qu’elle a fait environ 30 minutes plus tard).
Dans la nuit de samedi à dimanche j’étais malade comme un chien, prise par une gastro ou une intoxication alimentaire des suites d’une bonne bouffe chez les parrains-marraine du bébé que j’avais dans le ventre.
Durant tout le dimanche, je continuais de gémir dans mon lit, par la cause des coliques ou de courir aux water-close pour faire ce que je n’ai pas besoin de détailler, hinhinhin. Mon pauvre fils vivant un dimanche plutôt pas sympa avec sa mère qui n’arrivait vraiment pas à se remettre. Prise d’un doute sur les conséquences que cet état pouvait apporter à ma grossesse et au bébé en devenir, je téléphone à la sage-femme, qui me rassure, me disant que bébé n’est pas en danger, que je dois juste bien me reposer et m’hydrater un maximum.
Or, dans le courant de la fin de l’après-midi, je ne suis plus très certaine que les douleurs ressenties soient encore des coliques et non pas des contractions. Je sors donc mon iphone et ouvre l’application “grossesse” qui cache un calculateur de contractions. 3 heures plus tard, je réalise que j’ai des contractions méga régulières, durant 1 minutes à 1 minute 1/2, toutes les 15 minutes. Je parle à mon bébé et lui demande d’attendre le lendemain matin après que j’aie amené mon premier à l’école. Mais, les contractions se font de plus en plus denses et précises.
My god, je suis vraiment sur le point d’accoucher on dirait! Je téléphone à la sage-femme, qui au départ me dit d’attendre que cela soit toutes les 5 minutes. Mais sachant que je suis seule avec un enfant de 5 ans à placer, elle me conseille de la rejoindre à l’hôpital pour un contrôle. J’appelle ma graine-de-star sitter, je réveille mon fils, je prends ses sacs, et nous descendons les escaliers entre diverses contractions douloureuses. Dans la voiture, elles se rapprochent les vilaines. Je me dis “si ça c’est une fausse alerte, je ne me réjouis pas de la vraie alerte”. A l’hôpital, aux portes des salles d’accouchement, j’embrasse fort mon fils et je pars au contrôle, un peu stressée et effrayée. La sage-femme vérifie et me dit que c’est imminent, la dilatation à 5. J’appelle donc le futur père et lui dit “c’est le moment”.
Il est 23h25 le dimanche 4 décembre.
Lorsqu’il arrive, on me met dans la baignoire et nous apprenons tous les 2 comment gérer au mieux les douleurs et les temps de pause entre temps. On trouve un moyen de se soulager. Je suis contente qu’il soit là, qu’il ait pris le courage (là je n’entrerai pas dans les détails, c’est sa vie perso) de monter dans un lieu qui n’est pas dans ses favoris. Il aide comme il le peut, il est à l’écoute. Les contractions s’intensifient mais toujours pas de rupture de la poche des eaux. Lorsque lors d’une contraction hyper douloureuse, ma dilatation arrive à 10, la sage-femme perce la poche et 5 minutes plus tard, en à peine 2 poussées (et des cris de bétail en ruth très volumineux), mademoiselle est sortie.
On la met dans les bras 20 secondes et je vois un vent de panique tourner chez la sage-femme et le médecin présent. Je les vois s’affairer, on me prend mon bébé, on me demande de sortir de la baignoire et “papa” est appelé des 2 côtés, pour être auprès de notre fille comme à mes côtés. Je ne comprends pas ce qui se passe. Je lui dis d’aller vers le bébé, je me lève et sors de cette baignoire rouge sang. On me presse sur le ventre avec vigueur. Là je comprends que le placenta n’est pas sorti. J’ai peur, je sais que s’il se retourne ça peut être grave. J’essaie de rester calme et ne pas montrer qu’au fond de moi je suis stressée. Toute une batterie de médecins vient voir, ils parlent en allemand. D’un côté je préfère cela car cela me laisse dans l’ignorance, de l’autre j’aimerais savoir ce qu’il se passe. Finalement la sage-femme demande qu’on m’apporte mon bébé, l’ayant dans les bras, je me sens plus rassurée, plus détendue et enfin LA DELIVRANCE arrive, ce truc immonde nommé placenta sort de mes entrailles.
Jamais je n’aurais autant compris ce terme “délivrance” que ce jour-là (lors de mon premier accouchement il est sorti tout de suite et tout seul).
J’apprendrai par la suite que le cordon ombilical ne faisait que 20 centimètres (normalement il aurait dû faire 70 cm) et en voulant me donner mon bébé, il s’est rompu et du sang s’est écoulé, d’où il a fallu le pincer, et prendre les devants.
Les conséquences? Il n’y en n’a pas ou presque … une légère anémie chez ma nana à surveiller, dûe à la perte de sang lors de la naissance. Elle est en pleine forme, elle mange et dort bien et moi aussi.
Son grand-frère est ravi. Les premiers jours il lui a fallu du temps pour réussir à l’approcher, tant il était impressionné par la petite crevette. Maintenant il peut la toucher, l’embrasser et il parle d’elle avec une fierté non contenue.
Quand au papa, qui a eu son cadeau d’anniversaire très spécial, il découvre ce que la paternité peut offrir et je ne parlerai pas ici de cela. Je le remercie d’avoir été présent et super efficace, même dans les moments un peu plus “gore” de cette expérience. Ca n’aurait pas été à la portée de tout le monde de supporter les longues minutes qui ont suivi l’accouchement. (ni les cris bestiaux trash-punk qui ont accompagné mes 2 poussées)
